Série

Portraits, regards et distances

Un portrait réussi ne dépend pas de la pose. Il dépend du moment où la personne cesse de poser.

Une série sur la distance

Un portrait réussi ne dépend pas de la pose. Il dépend du moment où la personne cesse de poser.

Le portrait est venu tard. Pendant des années, je n’ai photographié que des paysages et de la nature : aller vers les gens demandait une confiance que je n’avais pas. Ce sont les mariages qui ont débloqué cela. On y photographie des émotions qu’on n’a pas provoquées, entre des personnes qui s’aiment et qui n’ont pas le temps de faire attention à vous.

Cette série rassemble ce qui est resté de ce basculement. Elle est faite presque entièrement en lumière naturelle, dehors, dans des lieux qui veulent dire quelque chose pour la personne : une forêt d’automne, une plage, une rue. Le décor n’y est jamais un fond neutre : c’est un allié, et souvent la moitié du sujet.

Ce que ces images ont en commun tient en un mot : la distance. À quelle distance se tient-on de quelqu’un ? Assez près pour qu’il se passe quelque chose, assez loin pour qu’il ne se passe rien à cause de vous. Une séance commence donc rarement par des photographies : elle commence par une conversation, le temps que l’appareil se fasse oublier. Je guide quand c’est nécessaire, puis je laisse venir. Les images que les gens gardent sont presque toujours celles d’entre deux poses.

Ce que le portrait m’a appris et que la nature n’enseigne pas : on ne photographie pas quelqu’un, on photographie une relation, y compris celle, très courte, qui s’installe pendant la séance.

Voir aussi Photographier les événements humains, d’où vient une grande partie de cette pratique.

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